jeudi 5 avril 2012

Lettre à mon frère Targui

Lettre à mon frère Targui

Bonjour mon frère,
Je t’écris ces quelques lignes dans l’espoir que tu me répondras
Car depuis quelques temps tu ne me réponds pas,
Je te comprends, car le 17 janvier est venu tout changer entre nous deux,
Au début, tu me disais, mon frère, tenons bon,
Mais avec ton départ précipité en dehors du mali,
Pour, me disais-tu, te mettre à l’abri de la révolte contre les « peaux blanches ».
Tu étais arrivé là-bas chez nos voisins de l’ouest,
Et tu m’as tout de suite donné signe de vie, en m’envoyant tes coordonnées,
Tu m’as même rassuré que je suis le premier à avoir tes contacts là-bas,
J’étais fier de notre amitié qui remontait à quelques années,
Te souviens tu comment a débuté notre amitié ?
C’était à la faveur de notre site préféré de discussion,
Oui, nous nous sommes rencontrés sur un forum de débat,
Notre amitié s’est tissée au cours des débats dans lesquels toi et moi avions le même combat,
 Le combat pour le Mali,
Tu aimais mes contributions et moi pareillement je raffolais tes écrits,
Une complicité tacite est tout de suite née entre nous,  
Nous nous envoyions les primeurs de nos écrits avant de les mettre sur les sites de débats;
Je me rappelle comme si c’était hier, de notre première rencontre physique à Bamako,
C’était à la faveur d’une conférence débats animée par un de nos ainés que toi et moi adoraient à la limite pour ses idées et son combat pour le Mali,
A la fin de la rencontre, je me suis approché de toi, et me présentant,
On s’était jeté l’un sur l’autre, et toute l’assistance nous regardait,
Depuis, nous avons continué notre combat commun : le combat contre la mal gouvernance,
 Hélas, ce jour maudit du 17 janvier est venu chambouler nos projets,
Tu es parti dans l’espoir de revenir, mais au dernier moment tu t’es ravisé et tu es resté là-bas loin de ton pays,     
Et moi, je continuai à échanger avec toi par la magie de la toile mondiale,  
Seulement voila, les choses commencent à se corser au nord, chez toi, chez moi,
Nos échanges deviennent rares ;
Quand je t’écris, tu prends du temps à me répondre,
Et quand tu me poses une question embarrassante, je me débine à mon tour,
A vrai dire on s’évite,
Chacun, se cachant dans son océan de questions et d’appréhensions,
Comme si chacun de nous, fuit l’autre, et pour cause,
Arriva, le vendredi ou les rebelles entrent dans ma ville Ansongo sans combat,
Tu m’envoies un message dans lequel, tu me demandais si j’ai les nouvelles d’Ansongo,
Je te réponds que oui,
Depuis, tu ne me réponds que par : oui, exact, tout à fait…
Nos relations ont basculé dans la méfiance sans que nous nous expliquions,
Sans se parler, nous nous parlons à nous même,
Tu  te demandes qui est ce qui pourrait arriver demain ?
Et moi de mon coté, la même question ?
Toi et moi, sans se parler, sommes convaincu d’une chose ;
Aucune communauté ne peut dominer l’autre
Si la situation au nord perdure, ce sera une guerre de longue haleine,
Oui, toi et moi serons dans une guerre de survie ;
Et nous devrions mener cette guerre ensemble pour gagner l'amour contre la haine
Cette guerre nous la ferons tout en évitant de tomber dans la destruction de l'autre
Oui pour la guerre de survie,
Non pour la guerre d'extermination,
Tu vois, mon frère,  toi et moi n’avons d’autre choix que de vivre ou de mourir,
Le nord est pour toi,
Le Nord est aussi pour moi,
Tu ne peux me chasser et mon non plus,
Alors, toi et moi vivrons vaille que vaille sur nos terres,
Les terres de nos ancêtres,
Penses à nos rêves communs interrompus à cause de la bêtise humaine,
Penses à tes rêves quotidiens qui sont à jamais compromis,
Penses à tes amis, voisins du quartier,
Penses à tes parents dispersés dans la nature,
Penses à tes frères, sœurs songhaï, ou bambara, qui se cachent pour souffrir sur les terres qui les vus naitre,
Oui, mon frère, je te disais que notre rôle est crucial,
Faisons quelque chose pour éviter à nos communautés,
La cruauté humaine, je veux dire le génocide à la rwandaise,
Oui mon frère Dialladjo, toi et moi n’avions jamais été aussi proche de l’irréparable,
Heureusement qu’il y a encore un grain d’espoir,
Saisissons le et disons : non à un génocide programmé,
Oui nous devrions vivre cote à cote, chacun sur ces terres, à défaut de pouvoir vivre ensemble.  
Car le plus important c’est avant tout la vie,
Et la guerre pour la vie n’a pas de prix,
Le prix de cette vie, c’est toi et moi, mon frère Assadeck.

     
Yachim Maiga
Un fils du Mali d’Haïti

Port-au Prince, le 5 avril 2012


mercredi 4 avril 2012

Sèches tes pleurs …mon fils

Sèches tes pleurs …mon fils
Pauvre Mali...
mon cœur saigne pour toi… Mali
Pauvre Mali…
 mon âme s'égare dans tes entrailles...
Tes entrailles dispersées au quatre coins du Nord et du Sud…
Tes entrailles, dont les charognards se disputent a cœur joie
Ta dépouille me suit partout...
je ne te laisserai pas dévorer par ces charognards lâches…
je me battrai pour toi...Mali
je me battrai pour toi ma fille, Oumou, inquiète depuis Fès ou tu étudies…
je me battrai pour toi Alphaga, mon garçon de 9 ans qui me demande au téléphone : papa c’est quoi la rébellion…… ?
je me battrai pour tous ces maliennes et maliens qui ont mal
je me battrai pour ma mère et mon père qui ont rejoint l'eternel….
je me battrai pour moi-même pour que je puisse partir dans mon Ansongo natal m’incliner sur les tombes de mon père et de ma mère et demander conseil et bénédictions
je me battrai pour toi… Mali d’hier
pour tout ce que tu as fait pour moi
je suis loin de toi,
mais mon cœur bat et battra toujours pour toi Mali…d’hier
Oui, tu vas sortir du tréfonds
Et quand tu relèveras la tête…
Et Tu me diras: mon fils, ca y est : sèches tes pleurs…
Plus jamais de charognards…i
(Prière du jour d'un fils du Mali en Haïti,

Disons : Non au génocide qui nous guette

Disons : Non au génocide qui nous guette

la situation est entrain de se dégénérer au nord. Plus personne ne contrôle rien: si on commence à tuer froidement des personnes comme ces deux ces deux cas Mopti dont tu parlais dans un de tes messages, ou les cas de Gao, alors on va tout droit au mur : le génocide.  N’oublions pas que c’est le 7 avril prochain que le monde va commémorer le
18 anniversaire de ce qu’il convient d’appeler : le génocide des tutsi au Rwanda.  
J’ai vraiment peur
Toutes les parties en présence sur le terrain devraient faire violence sur elles mêmes pour éviter le pire : massacre des  innocents.
Combattons la violence et la haine par l’amour en se parlant en cherchant a comprendre ce qui nous arrive.
Beaucoup de frustrations de part et d’autres, mais n’oublions pas que nous communautés du Nord
Touarègues, ou arables, au maures ou songhaï, ou peuls ou bozo ou bambara et j’en passe, nous n’avons nulle part ou aller si ce n’est resté sur les terres de nos ancêtres.
 Les rebelles qui ont pris les villes du Nord, ne peuvent être fiers de ce qu’ils endurent a la population civile
Les rebelles ne peuvent chasser les autres communautés de leurs terres, comme ces communautés ne sauraient un jour
Chasser les rebelles de leurs terres.
Le Nord n’appartient ni a Azawad ni a Gandakoye, mais le Nord appartient a nous tous
Nous n’avons pas de choix : soit nous vivons ensemble cote à cote, soit nous mourons ensemble
Aucune communauté ne peut se prévaloir la paternité a elle seule du Nord.
Gardons en mémoire la légende de Surgo nda gabibi et Disons-nous : Non au génocide qui nous guette
« Il était une fois, une jolie Princesse noire, princesse dont la beauté avait mis en concurrence plusieurs princes des contrées environnantes. L’heureux élu fut un prince targui. De l’union naquit un garçon blanc. La légende raconte que cette union fut éphémère et que de son second mariage avec un prince noir, la princesse conçut un garçon noir. A l’âge adulte un conflit de terre opposa les deux frères. Chacun décida de faire appel aux siens et un beau jour, malgré les suppliques de leur mère, l’armée blanche de l’ainé et l’armée noire du cadet, s’apprêtaient à en découdre, lorsque la malédiction divine  tomba comme un couperet. Les deux armées avec en tète les deux frères, furent transformées en pierres.  Ce sont les trois rochers en aval des chutes de Tossaye, au milieu du fleuve Niger. De très loin, les rochers, (la mère, et les deux armées) donnent la terrible image de deux troupes prêtes à en découdre, avec au milieu une femme, le sein droit tendu vers le ciel, réclamant le châtiment suprême.»

Yachim MAIGA
Port-Au Prince, 4 avril 2012

lundi 26 mars 2012

CNRDRE: Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?

CNRDRE:
 Faut-il jeter le bébé avec l’eau du bain ?
Les hommes politiques commencent à sortir de leurs trous pour donner signe de vie. Histoire aussi de prouver à leurs militants et supporters qu’ils sont bel et bien prêts pour le starting bloc  du 29 avril, auquel ils tiennent comme a la prunelle de leurs yeux. N’allez surtout pas leur dire que le 29 avril c’est du passé. Ils vous cracheront dessus et vous accuseront de tous les maux du Mali : Niengo, hasigui et j’en passe.
On savait ou on pouvait deviner la position d’Oumar Mariko du Sadi, le premier à faire allégeance à la junte militaire. Mais on attendait surtout avec un mélange d’angoisse et d’appréhension la sortie médiatique des mastodontes de la classe politique malienne. 
Ils ont parlé et le moins que l’on puisse dire est que la montagne a accouché d'une souris. Ils se sont comme il est de coutume, essayé de marcher sur des œufs, tout en caressant le loup et l’agneau.  D’un coté, ils reconnaissent a l’image de IBK, les causes du naufrage du régime ATT, mais de l’autre coté condamnent avec une énergie le coup. C’est ce que nos politiciens au bord du djoliba, appelaient jadis la politique de la souris.  Revenant aux différentes déclarations de nos braves « leaders », on constate non sans amertume, qu’ils ne proposent aucune solution de sortie de crise en dehors du retour au fameux désormais fétiche du mali : 29 avril.
Je ne suis pas surpris de l’attitude des politiques, même si je suis déçu qu’ils n’aient pas pu se départir de leur eternel calcul politique au profit du Mali. Que des politiciens  de la trempe d’IBK refusent d'ouvrir les yeux pour comprendre que même sans le coup d’état, il ne saurait être question d’élections le 29 avril, tant la situation de guerre au nord du Mali ne s’y prête pas.  Vouloir forcer des élections le 29 avril 2012, aurait été une insulte à toute cette tranche de la population  malienne, qui vit dans l’angoisse dans la peur quelque part en exil, ou toute cette population déplacée.
Ouvrons, enfin les yeux, un Gouvernement incapable d’assurer la sécurité de l’élection de 125 conseillers nationaux, peut –il assurer des élections générales. Que dit-on du couplage du referendum, qui constitue déjà une entorse à la constitution. Si le 29 avril  devrait avoir lieu, on aurait assisté en spectateurs un coup anticonstitutionnel: un referendum ne peut être organisé si une partie du territoire est menacée.
Encore une fois nos politiciens continuent de narguer le peuple au non duquel ils agissent par leur aveuglement à ne voir que ce qui les arrange: les élections. Soit ils sont incapables d’analyser l’infaisabilité des élections, auquel cas, ils devraient changer de profession. Soit ils savent en leur for intérieur que le 29 avril est un leurre,  tout en continuant de faire comme si, ce qui revient à dire qu’ils s’en moquent du peuple.
J’imagine qu’ils sont conscients que les élections ne sont pas tenables le 29, même s’ils continuent à s'accrocher  comme jadis en 1991 ou Moussa Traore tenait à son congrès du 28 mars 1991.
L’argument principal avancé qui consiste à dire que c’est un recul de 20 ans, ne résiste pas non plus à un débat. En effet, il a fallu qu'il y ait un 26 mars 1991, pour qu’ATT entre par effraction dans l'histoire. On peut tourner une page certes, mais ayons l’humilité et la mémoire de ne pas déchirer une page de notre histoire : nous discutons et défendons aujourd’hui un acquis qui est passe par un coup d’état. N’est-ce pas ATT qui a eu à dire pendant la transition, aux leaders politiques, qui le harcelaient de rendre le pouvoir que tant qu'il y a mauvaise gouvernance, des coups d'état il y en aura toujours.
Et oui la roue de l'histoire tourne implacablement à une vitesse de TGV et tant pis pour les lève-  tard.  Battons nous pour le Mali et non pour un homme ou pour un régime. Seul le Mali doit compter. Si c'est le changement qui doit apporter le bonheur et la paix, tant mieux. Ne jetons pas le bébé avec l’eau du bain, aimait  à dire feu Me Demba Diallo.
Le Bateau Mali tangue, tangue encore, mais faisons en sorte qu'il ne chavirera jamais
Aucun malien fut-il de la diaspora n'est indifférent à ce qui se passe. La situation du Comite national de redressement de la Démocratie et la restauration de l’Etat, CNEDRE, ressemble à une goutte d'eau prés à la junte d'un certain Moussa Dadis Camara de la Guinée. En effet, ce sont des hommes de troupe qui ont osé franchir le pas, de faire fait le coup, donc quelque part , ils peuvent et doivent bénéficier des circonstance atténuantes en ce qui concerne leur errements pour trouver leurs marques. Pour autant ils ne sont pas dédouane.
Je ne suis pas putschiste et je laisse le soin à ceux qui connaissent mes convictions de dire si oui ou non je suis putschiste.  Car de 1991 a ce jour fatidique du 22 mars 2012, je suis resté constant dans mes prises de position: 1991 a enfanté un monstre démocratique (vol gabegie, corruption, clientélisme, attisme), qui lui même vient d'enfanter par césarienne un autre monstre (jeunesse, amateurisme, insouciance, immaturité, etc.)
Un père peut être amené à renier son fils, mais jamais une mère ne renie son rejeton. Alors notre Mère patrie le Mali,  va t- elle jeter son bébé monstre avec l'eau du bain???
Là est le véritable questionnement. Il ne s'agit plus pour moi de disserter sur le Non du coup d'état. Oui pour le Non au coup d'état. Mais qu'allons-nous faire?
Quelque soit la réponse à cette question, il nous faut trouver une solution au 29 avril: Avec ou sans le coup d'Etat le 29 avril était irréaliste et irréalisable.
Moi, à son temps, le 20 février 2012,  je suggérai une transition ou ATT se démettait et remettait le pouvoir à un conseil de transition que j'avais appelé Conseil de défense de la république.
Cela aurait eu le mérite de nous éviter ces pillages, ces sanctions, ces condamnations unanimes de la communauté internationale et cette incertitude ou personne ne sait dans quelle direction tanguera le bateau Mali?
Maintenant que les démocrates, pensent qu’il ya péril en la matière, il faut vite trouver la solution : Est-ce le retour d’ATT aux affaires ? Je ne crois pas, parce qu’il n’observait que le statu quo. Ou peut être les démocrates, devraient amener la junte à mettre très rapidement sur place une sorte de Constituante qui siégerait comme un parlement d’exception et qui devrait s’ouvrir a toute la société civile et de ce qui reste de la classe politique.
Quelque soit la solution à arrêter, il faut aller vite car le temps joue contre nous. Il ya le Nord qui attend et qui presse.
Puisse le bateau mali sortir très rapidement de ces eaux boueuses et nauséabondes pour retrouver les berges du Djoliba sur lequel brillera demain un soleil de vie et d’espérance.

Yachim
Port-au prince 27 mars 2012


jeudi 22 mars 2012

Tous pour le Mali debout

Tous pour le Mali debout

J'ai envie de dire à moi et à tous, sachons raison garder, même en cette période exceptionnelle de la vie du mali.
J'ai envie aussi de me poser la question suivante: S'il faut choisir entre le Mali et la démocratie, qu'allai-je choisir?
Vous l'aurez deviné : je choisirai sans réfléchir :
 LE MALI AUJOPURD'HUI, LE MALI DEMAIN, LE MALI TOUJOURS
Non, ce n’est pas un slogan creux. Nous devrions tous nous mettre derrière le Mali.
Ce n’est pas le coup d'état en tant que tel qui est à condamner ou pas, mais c'est pourquoi et comment est on arrive la?
Point besoin pour moi de revenir sur ma position exprimée avant ce jour fatidique.
Quelque soit l'issue de la situation, nous devrions rester vigilants pour aller dans le même sens: Le rétablissement de l'autorité de l'Etat et la défense de la république.
Si ATT est renversé, ce qui semble se confirmer, ne tournons pas dos à la junte militaire qui n'a fait que réaliser ce à quoi tout le monde s'attendait: la République est à terre depuis longtemps.
Si la junte a pu faire  ce que nous vivons aujourd’hui  c’est que nous intellectuels, nous politiciens avons failli à notre rôle : la gestion et la bonne gouvernance.
Allons-nous continuer nous à observer en spectateurs passifs ? Ou Allons nous agir? Et Comment?
Je ne suis pas un putschiste, mais si je dois choisir entre le Mali et la démocratie qui n'est pas un dogme ou un  fétichisme, je choisirai sans regret: LE MALI

Hier comme aujourd’hui, je continue d’assumer mes opinions, qui n'engagent que moi. Mais le plus important est que chacun de nous s'engage avec force et conviction dans tout ce qu'il fait. Nous devrions éviter de tomber dans  la même erreur du passé : c'est à dire rester passif et dire que c'est l'autre qui va régler nos problèmes.
Mon intime conviction me dit qu'il faut accompagner la junte, l’encadrer et ne pas la laisser se  décourager. Ces jeunes gens de la junte sont des maliens comme nous, et ce sont eux qui meurent sut le front pour le Mali. C’est pourquoi il faut les mettre devant leur responsabilité. Ils doivent sentir le poids du peuple sur leurs épaules.
Au delà des prières qui nous faisons chaque jour, nous devrions surtout redoubler d'ardeur.
Au dedans ou au dehors, tous debout sur les remparts avec ou contre la junte pour mourir pour le Mali et non pour un homme ou pour un régime

Yachim MAIGA
Port-Au Prince, le 22 mars 2012


jeudi 1 mars 2012

Contribution : À la Conférence débats : La crise du Nord Mali face à la double équation socio-politique et institutionnelle...

Contribution de Yachim Yacouba MAIGA

À la Conférence débats :
La crise du Nord Mali face à la double équation socio-politique et institutionnelle...

Maison de la Presse, Bamako, Mali, 1 Mars 2012 

Les assurances d’ATT à la classe politique d’organiser, vaille que vaille les élections du 29 avril ne convainquent que ceux qui pensent que leur heure est arrivée.
Est-ce une naïveté ou une obstination de croire que les élections peuvent se tenir sur une partie du territoire, tout en excluant une frange importante de la population malienne ?

J’ai honte de nos hommes politiques, qui continuent de  prendre pour réalité leur désir d’accéder à Koulouba, même au prix d’une scission du territoire national.
Ouvriront-ils finalement un jour les yeux pour se rendre à l'évidence ? J’en doute fort car la seule chose qui compte pour nos braves hommes politiques qui ont repris du service, c'est l’organisation des élections. Mais de quelles élections pourrait-il s’agir ?

Peut-on parler de referendum dans un pays coupé en trois ? 

1 : les maliens libres de leurs mouvements et de leurs droits de vote,
2 : les maliens pris entre l’étau des rebelles du MNLA et l’enclume des militaires et non libres de leurs mouvements et leurs droits de vote, contrairement au premier groupe.
3 : Enfin les maliens réfugiés, estimés à prés de cent vingt mille, à jamais traumatisés par ce qui leur arrive, ne rêvant depuis que d'une chose : retrouver la paix et leurs maisons.


Ceux qui sont accrochés aux élections doivent ouvrir les yeux et ne plus considérer la date du 29 avril comme une sorte de  « Kômô » à ne pas transgresser. Le 29 avril n’est ni le « Kômô », ni la Bible ni le Coran.

Nous sommes de ceux qui, dès le début des hostilités, ont avancé l’idée d’une inévitable transition pour toutes les raisons précitées.
A cet effet, nous préconisions de ne pas attendre le matin du 29 avril 2012 pour se rendre à l’évidence : l’impossibilité d’organiser sur le territoire national des élections pour tous les maliens sans exclusifs.

Si les élections ne peuvent pas se tenir, nous ne pouvons échapper à une transition.  A notre niveau la question n’est plus à la probabilité d’une transition, mais de savoir avec qui ? Et pendant quelle durée?

C'est plus facile de répondre à la première question : avec qui Sans ambages nous répondrons avec tous les maliens patriotes et volontaires.
Il ne s'agit point pour nous d’une transition prévue par la Constitution. C'est à dire un intérim du Président de l'Assemblée nationale pendant 40 jours (c'est ce que dit la constitution). Une telle transition constitutionnelle ne résoudra pas de toutes les façons les problèmes. Elle ne pourra pas résoudre le problème de la rébellion, ni celui des élections en 40 jours car pendant ce temps selon les juristes, le Président intérimaire ne peut même pas former un nouveau gouvernement, à plus forte raison prendre des décisions importantes engageant la Nation.

Alors que faire comme disait Lénine?
Il faut à notre humble avis, une transition forte mais légitime qui aura comme principale tache le rétablissement de l’autorité de l’état au nord et la préparation des états généraux de la nation.
Après le rétablissement de la paix sur le territoire et la gestion des refugiés, la transition devrait s’atteler à l’élaboration d’une  nouvelle constitution qui prendrait en compte l’éternelle donne de la rébellion Nord Mali.

Cette transition devra être sous la férule d’un Conseil de Défense de la République, et pour cela la vraie alternative qui s'offre  à nous est la suivante:
Si ATT aime encore le Mali qui lui a tout donné, s’il a encore un peu de logique militaire, il fera ce que Sun Tzu le stratège militaire chinois recommandait en la matière : s'effacer au profit de patriotes civils et militaires volontaires, en mettant lui même en place le Conseil de défense de la République. Il sauvera ainsi ce qu’il y a à sauver en s'effaçant dignement pour l’intérêt supérieur de la nation malienne

Notre General ATT aurait pu et aurait du déclarer depuis fin janvier l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire. Il aurait eu les coudées franches pour laisser la place à ce Conseil de défense de la République sans humiliation, car comme disait Montesquieu dans « esprit des lois », « une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste »

Des patriotes sincères, honnêtes qui n’ont pas été impliqués ni de prés ni de loin à la gestion désastreuse de ces dix dernières années prendront le destin de la République pendant une durée de 24 mois.

Ce Conseil de défense de la république devrait avoir tous les pleins pouvoirs en décrétant l’état d’urgence et en mobilisant toutes les ressources de l’Etat pour la défense de la république.
D’ores et déjà, les contribuables seraient reconnaissants aux  partis politiques qui retourneraient les subventions reçues de l’Etat au trésor public pour les remobiliser ailleurs. Au nom de l’intérieur supérieur de la nation nos candidats aux élections peuvent don de leurs cautions de dix million à l’armée malienne pour la défense de la République.    

C’est l’ultime option, car il ne faut pas compter sur l'option consensuelle politique pour les raisons évidentes de profonds désaccords entre les principaux leaders du paysage politique malien.
Est-il superflu de rappeler à ce niveau que tous les hommes politiques qui gravitent au pouvoir de 1991 à maintenant sont tout autant comptables qu’ATT dans la situation actuelle.
Souvenons-nous seulement de ce leader d'un grand parti ci-devant candidat présidentiel, qui disait qu’il fallait être avec ATT pour ne pas avoir la sécurité d'état dans le dos.
Point besoin d’être politologue pour déchiffrer un tel message d’un chef de parti qui a accompagné et cautionné la gestion consensuelle d’ATT.
Récemment encore un autre mastodonte de la classe politique malienne, dont certains "somas" lui prédisaient Koulouba, disait qu’il n’est pas griot mais qu’il ne peut pas passer sous silence l’excellent travail d’ATT.
Les exemples sont nombreux qui prouvent a suffisance le naufrage de la presque majorité de la classe politique malienne.  On ne peut donc, pas compter sur la classe politique actuelle malienne qui a montré ses limites dans la gestion car n’ayant pas été capables d’anticiper sur les événements.

Sur qui compter alors pour mener une transition patriotique ?
Ne nous sous-estimons pas. Notre cher pays compte de civils et de militaires valables comme ce jeunot de capitaine BAD, mort héroïquement à Aguel-hoc, les armes à la main, j’allais dire  sans armes mais avec honneur et dignité.

La mort de BAD et de tous les autres anonymes militaires noirs ou blancs sur le champ de l’honneur à Aguel Hoc et dans d’autres contrées, doit être notre hymne, l’hymne pour la défense de la république. Les patriotes civils et militaires attendent beaucoup de nous, ils ont besoin de notre confiance et de notre accompagnement pour accomplir l’action salvatrice qui nous conduira vers une transition légitime.

Chaque malien est aujourd’hui responsable de ce qui pourrait arriver demain c’est pourquoi nous ne devrions et ne saurions rester passifs, car comme le disait Thucydide, Historien grec du Vème siècle avant notre ère : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile »

Yachim MAIGA
Malien de la diaspora en Haïti
Tel : +50934540666
Port-Au Prince, le 29 Février 2012

jeudi 23 février 2012

Rébellion au Nord Mali: Vers une inévitable transition

Rébellion au Nord Mali
Vers une inévitable transition

Les assurances d’ATT à la classe politique d’organiser, vaille que vaille les élections du 29 avril s’émoussent comme une peau de chagrin. Quelle naïveté de la part de ceux la qui sont appelés à briguer la magistrature suprême de notre pays ? J’ai honte de nos hommes politiques, qui continuent  à prendre pour la réalité leur désir d’accéder à Koulouba, même au prix d’une scission du territoire national. Vont-ils se rendre compte de la réalité ? J’en doute fort, car la seule chose qui compte pour eux, est l’organisation des élections ; la défense du pays, elle peut attendre. Hélas, quand ils sortiront enfin de leur hibernation, ils rateront le train de la transition.

Nous sommes de ceux qui ont, dès le début des hostilités, avancé l’idée d’une 'inévitable transition. Nous préconisions déjà de ne pas attendre le matin du 29 avril 2012 pour se rendre compte de l’évidence : l’impossibilité d’organiser sur le territoire national des élections pour tous les maliens. Selon les échos qui nous parviennent du Mali, l’on commence à murmurer entre quatre murs, une probable transition. A notre niveau la question n’est plus a la probabilité de la transition, mais : Avec qui ? Et pendant quelle durée?
C'est plus facile de répondre à la première question: avec qui? Sans ambages nous dirons avec tous les maliens patriotes et volontaires.
Il ne s'agit point pour nous d’une transition prévue par la Constitution,  c'est à dire un intérim du Président de l'Assemblée nationale pendant 40 jours (c'est ce que dit la constitution).  Une telle transition constitutionnelle ne résoudra pas de toutes les façons les problèmes. Elle ne pourra pas résoudre le problème de la rébellion, ni celui des élections en 40 jours car pendant ce temps selon les juristes, le Président intérimaire ne peut même pas former un nouveau gouvernement, a plus forte raison prendre des décisions importantes engageant la Nation.

Alors que faire faire comme disait Lénine? Il faut a notre humble avis, penser à une transition forte, une transition modèle Egypte ou Algérie au moment de la victoire du fis.
En quoi faisant? En créant Un Conseil de défense de la République, mais pour cela deux options s'offrent  au Mali: Si ATT aime encore ce pays qui lui a tout donné, s’il a encore un peu de logique militaire, il fera ce que Sun Tzu le stratège militaire chinois recommandait en la matière: s'effacer pour des patriotes civils et militaires volontaires. Ces patriotes qui n’ont rien à se reprocher vis-à-vis de la gestion de la rébellion prendront le destin de la guerre injuste que les rebelles nous ont imposée. Il sauvera ce qu’il ya à sauver en s'effaçant dignement pour l’intérêt supérieur de la nation malienne en mettant lui même en place le Conseil de défense de la République. Ce Conseil de défense de la république devrait avoir tous les pleins pouvoirs en décrétant l’état d’urgence. L'état d'urgence, c'est le mot dont il va falloir s’habituer : n’ayons pas peur des mots, notre General ATT aurait du déclarer depuis fin janvier l'état d'urgence sur l'ensemble du territoire. Toute chose qui aurait pu lui donner les coudées franches pour laisser la place à ce Conseil de défense de la République sans humiliation, car comme disait Montesquieu dans « esprit des lois », « une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste »

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La seconde option qui s'offre: c'est la méthode forte: Si ATT s'accroche à son palais de Koulouba, les maliens patriotes militaires et civils doivent tirer toutes les conséquences et prendre les mesures adéquates pour l’écarter.
Ce sont les deux options qui s'offrent selon nous au Mali, car il ne faut pas compter sur l'option consensuelle politique  pour les raisons évidentes de leur échec  commun.
Tous les politiques qui gravitent au pouvoir de 1991 à maintenant sont aussi autant comptables qu’ATT dans la situation actuelle. Souvenons seulement de ce leader d'un grand parti ci-devant candidat présidentiel, qui disait qu’il fallait être avec ATT pour ne pas avoir la sécurité d'état sur le dos. Point besoin d’être politologue pour déchiffrer un tel message d’un chef de parti qui a accompagné et cautionné la gestion consensuelle de ATT. Récemment encore un autre mastodonte de la classe politique malienne, dont les somas prédisaient Koulouba, disait qu’il n’est pas griot mais qu’il ne peut pas passer sous silence l’excellent travail d’ATT. Les exemples ne finissent qui démontrent le naufrage total de la classe politique malienne dans la gestion du pouvoir de ATT  Donc nos braves hommes politiques sont disqualifies pour conduire la transition.
Il a fallu que des épouses dans le désarroi expriment leur colère dans les rues que nos braves politiciens se mêlent de la danse. De toutes les façons ces leaders politiques ne pourront même pas s’entendre sur la gestion d’une transition. On voit déjà comment chacun d’eux cherche à faire de la récupération politique du plan d’actions politique concocté dans une précipitation inimaginable. En lisant les 17  recommandations de plan, on se rend compte qu’ils sont à mille lieus de la réalité.

On ne peut donc, pas compter sur la classe politique actuelle malienne qui a montré ses limites dans la gestion car n’ayant pas été capables d’anticiper sur les événements.
Sur qui compter pour mener une transition patriotique? Ne nous nous sous estimons pas, notre cher pays compte des civils et des militaires valables comme ce jeunot de capitaine BAD,  mort héroïquement à Aguel hoc, les armes à la main, j’allais dire  sans armes mais avec dignité.
La mort de BAD et de tous les autres anonymes militaires noirs et blancs morts atrocement a Aguel Hoc et dans d’autres contrées, doit être notre hymne pour que leur mort ne soit pas vaine.
Les patriotes civils et militaires attendent beaucoup de nous, ils ont besoin de notre confiance et de notre accompagnement pour accomplir l’action salvatrice qui nous conduira vers une transition légitime. Chaque malien est aujourd’hui responsable de ce qui pourrait arriver demain si nous restons inactifs.
Je finis par cette pensée de Thucydide, Historien grec du Vème siècle avant notre ère : « Un homme ne se mêlant pas de politique mérite de passer, non pour un citoyen paisible, mais pour un citoyen inutile »

Yachim MAIGA
Port-Au Prince, le 20 Février 2012